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PLAIDOYER DU CRADEC POUR UN CAMEROUN PLUS JUSTE ET PROSPERE :

APPEL CITOYEN AUX CANDIDATS A L’ELECTION PRESIDENTIELLE DU 12 OCTOBRE 2025

Le Cameroun se trouve aujourd’hui à un véritable tournant de son histoire. Plus de 40 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté, alors même que la richesse nationale a été estimée à plus de 27 000 milliards FCFA de PIB en 2023. Cette contradiction flagrante s’explique par une corruption systémique, des fuites massives de capitaux et une gouvernance budgétaire trop souvent marquée par l’opacité.

À l’approche d’une élection présidentielle décisive en octobre 2025, les attentes des citoyens sont limpides : construire un pays plus juste, plus transparent et plus inclusif. Ce désir collectif se résume en une exigence fondamentale : mettre fin à la corruption, stopper les flux financiers illicites, réduire les inégalités de genre et donner à chaque Camerounaise et Camerounais les moyens de contribuer pleinement au développement national.

C’est dans ce contexte que le Centre Régional Africain pour le Développement Endogène et Communautaire (CRADEC), acteur reconnu de la société civile, interpelle avec respect mais fermeté les candidats : votre mandat ne sera crédible et porteur d’espérance que s’il place la justice fiscale, la transparence et l’équité sociale au cœur de son action.

FICHES-ACTIONS DE PLAIDOYER PRÉSIDENTIEL 2025 

  •  Justice fiscale et mobilisation des ressources

 Objectif : Garantir des ressources équitables et durables pour financer le développement

Problème :

·         Moins de 20 % de la population active contribue effectivement à l’impôt.

·         La TVA (19,25 %) représente la plus grande part des recettes, frappant davantage les ménages pauvres que les plus riches.

·         Les revenus pétroliers et miniers, qui constituent près de 20 % des recettes budgétaires, restent opaques et mal redistribués.

Problème :

·         Moins de 20 % de la population active contribue effectivement à l’impôt.

·         La TVA (19,25 %) représente la plus grande part des recettes, frappant davantage les ménages pauvres que les plus riches.

·         Les revenus pétroliers et miniers, qui constituent près de 20 % des recettes budgétaires, restent opaques et mal redistribués.

Mesures proposées :

·         Élargir l’assiette fiscale en instaurant un régime simplifié pour les petits commerçants, artisans et prestataires de services du secteur informel.

·         Réformer la fiscalité extractive en publiant systématiquement les contrats et recettes minières/pétrolières conformément à l’ITIE.

·         Digitaliser l’administration fiscale par le paiement mobile et plateformes en ligne pour réduire les intermédiaires et la corruption.

Impact attendu :

·         +30 % de recettes fiscales d’ici 5 ans, sans alourdir la charge des ménages pauvres.

·         Réduction de la dépendance à l’aide extérieure (actuellement environ 20 % du budget d’investissement).

·         Des fonds stables pour l’éducation, la santé et les infrastructures locales.

Exemple d’application :

·         Le Rwanda a instauré une fiscalité progressive pour les petits commerçants et digitalisé ses procédures. Résultat : les recettes fiscales ont augmenté de 60 % entre 2010 et 2017.

  • Prévention et lutte contre la corruption

Objectif : Restaurer la confiance citoyenne par une gouvernance intègre

Problème :

·         Chaque année, la corruption fait perdre environ 500 milliards FCFA au budget national (CONAC).

·         L’article 66 de la Constitution (déclaration des biens) n’est toujours pas appliqué.

·         Les journalistes et lanceurs d’alerte sont exposés à des représailles.

Mesures proposées :

·         Rendre obligatoire et publique la déclaration des biens et avoirs des responsables publics.

·         Créer une instance indépendante de contrôle avec pouvoir de sanction.

·         Adopter une loi spécifique de protection des lanceurs d’alerte et garantir la liberté de la presse d’investigation.

Impact attendu :

·         Réduction des détournements et surfacturations dans les marchés publics.

·         Hausse de la confiance des citoyens et des investisseurs.

·         Amélioration du classement du Cameroun dans l’Indice de Perception de la Corruption (Transparency International).

Exemple d’application :

·         Le Cap-Vert publie chaque année les biens de ses responsables et se classe parmi les pays les moins corrompus d’Afrique.

  •  Lutte contre les Flux Financiers Illicites (FFI)

Objectif : Garder au Cameroun les richesses produites par les Camerounais

Problème :

·         En 2023, près de 1 700 milliards FCFA ont quitté illicitement le pays, soit plus que le budget annuel de l’éducation et de la santé réunis.

·         Les organes de contrôle (ANIF, douanes) manquent de ressources.

·         Les sociétés écrans et comptes offshore favorisent l’évasion fiscale.

Mesures proposées :

·         Renforcer les capacités de l’ANIF, des douanes et de la justice financière (formation, budget, équipements).

·         Durcir la législation anti-blanchiment avec des sanctions effectives contre les fraudeurs.

·         Créer un registre public des bénéficiaires effectifs pour tracer les véritables propriétaires des entreprises.

Impact attendu :

·         Réduction de 40 % des capitaux illicites en 5 ans.

·         Récupération de ressources pour financer les services sociaux.

·         Meilleure crédibilité financière du Cameroun à l’international.

 Exemple d’application :

·         Le Nigéria a créé un registre des bénéficiaires effectifs en 2021, qui a permis de freiner les pratiques de blanchiment et d’accroître la transparence des affaires.

  • Egalité de genre et inclusion des jeunes

Objectif : Libérer tout le potentiel de la population en rendant les opportunités accessibles à tous.

Problème :

·         Les femmes représentent plus de 52 % de la population, mais moins de 10 % des députés à l’Assemblée nationale.

·         Moins de 15 % des femmes ont accès au crédit bancaire.

·         Les politiques publiques intègrent encore trop faiblement l’approche genre.

Mesures proposées :

·         Adopter une loi sur la parité en instaurant un quota minimum de 30 % de femmes et jeunes dans les instances élues et nommées.

·         Institutionnaliser la budgétisation sensible au genre (BSG) dans toutes les administrations.

·         Mettre en place un fonds national d’appui aux projets des femmes et jeunes entrepreneurs.

Impact attendu :

·         Plus grande représentativité et participation des femmes et jeunes dans la gouvernance.

·         Réduction des inégalités sociales et économiques.

·         Une croissance économique plus inclusive et durable.

Exemple d’application :

·         Le Sénégal a instauré une loi sur la parité en 2010, ce qui a permis d’atteindre près de 43 % de femmes députées dès 2012. 

Le Cameroun a aujourd’hui l’opportunité de rompre avec les demi-mesures et de bâtir une gouvernance forte, équitable et inclusive. Les citoyens attendent de leur futur président qu’il engage des réformes ambitieuses, non pas pour plaire aux bailleurs de fonds, mais pour redonner confiance aux Camerounais et offrir un avenir meilleur aux générations futures.

CANDIDAT(E), CE PLAIDOYER EST UN APPEL A L’ACTION.

VOTRE ADHESION A CES RECOMMANDATIONS PEUT FAIRE LA DIFFERENCE ENTRE LA CONTINUITE DES BLOCAGES ET L’EMERGENCE D’UN CAMEROUN PLUS JUSTE ET PROSPERE.

Le Directeur Exécutif du CRADEC 

Jean MBALLA MBALLA